La biodiversité en forêt : ça se mesure !

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Cavité de terreau de pied : un exemple de micro-habitat

Pour mieux comprendre l’impact des modes de gestion de la forêt, il est important de connaître le type d’entretien ou d’exploitation qui contribue ou pas à la biodiversité. Le fonctionnement des écosystèmes forestiers est régi par de nombreuses interactions entre des organismes vivants dont la présence est indispensable (rôle des champignons mycorhiziens, des insectes pollinisateurs…). Certains groupes d’espèces, comme par exemple les recycleurs du bois mort, ont même une influence directe sur la productivité, en optimisant une partie du cycle des éléments nutritifs. La biodiversité concourt également à la résistance des peuplements aux perturbations et aux maladies, ainsi qu’à la résilience des écosystèmes forestiers, c’est-à-dire la capacité de restauration après une forte perturbation. Ainsi, la présence d’essences pionnières (bouleaux, saules, Tremble…) à côté des essences de production permettra d’accélérer la recolonisation naturelle de parcelles touchées par une tempête

un champignon mycorhirizien : Myxomycète

La biodiversité d’une forêt peut se mesurer à l’aide de l’Indice de Biodiversité Potentielle (IBP)http://www.foretpriveefrancaise.com/n/ibp-indice-de-biodiversite-potentielle/n:782. L’IBP est un outil de diagnostic rapide et facile d’emploi, proposé par le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) avec la contribution de l’INRA Dynafor et la participation financière du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Depuis 2008, un programme de Recherche-Développement est mené pour diffuser l’IBP, l’améliorer, intégrer les connaissances nouvelles et répondre aux besoins des utilisateurs (méthodes de relevé, interface de saisie).

Qu’est ce que la biodiversité potentielle de la forêt ?

L’écosystème forestier est sommairement composé de 5 strates classées selon un axe vertical : la strate souterraine (souches, racines, bactéries, vers et insectes), la strate des mousses et champignons et de l’humus, la strate herbacée (herbes jusqu’à 1m), la strate arbustive (plantes jusqu’à 7m) et la strate arborée (au-delà de 7 m). Dans toutes ces strates (dont les arbres vivants ou mort, les zones humides) vivent des animaux (des rongeurs aux cervidés en passant par les oiseaux et les insectes). Le fonctionnement des écosystèmes forestiers est régi par de nombreuses interactions entre des organismes vivants dont la présence est indispensable (rôle des champignons, des insectes pollinisateurs, recycleurs de bois morts…) à leur productivité, leur résistance aux maladies, leur capacité de recolonisation naturelle après une tempête par exemple. Avant d’agir pour préserver la biodiversité des forêts, il faut connaître la capacité d’accueil pour les êtres vivants (plantes, oiseaux, insectes …) et diagnostiquer les points améliorables en vue d’une gestion durable.

L’Indice de Biodiversité Potentielle (IBP) consiste à mesurer 10  qui concernent I) la végétation –critères  A,B,C,D,E,F,G –  (essences des arbres, couches de végétation ou strates, présence de clairières, lisières et autres milieux ouverts, et les particularités des arbres (gros arbres vivants, porteurs de micro-habitats, bois morts sur pied et au sol), II) le contexte de la forêt – critères H,I,J – (ancienneté, milieux aquatiques et rocheux).

Le détail de ces 10 critères sont


Pourquoi faire réaliser ces IBP par le grand public ?

Le grand public est le premier utilisateur de cette forêt urbaine particulièrement fréquentée. Il porte un intérêt pédagogique pour la connaissance de cet espace naturel. Par un protocole abordable, la science est à la portée du citoyen. Celui-ci est désireux de participer activement et positivement à la protection de son environnement. Enfin il est possible de se former à la mesure de l’IBP.

Pourquoi  se former ?

  • ·         C’est une nouvelle façon de découvrir la forêt : Votre promenade d’évaluation de l’IBP est sensiblement différente de vos promenades habituelles aux mêmes endroits. Vous êtes surpris de voir ce qui a toujours été là et que vous n’aviez pas vu auparavant. Vous cherchez les genres et espèces d’arbres et apprenez à les identifier, à repérer les gros arbres vivants, les cavités au pied et sur le tronc des arbres, les branches mortes dans le houppier (partie feuillue de l’arbre), repérer les espèces invasives comme le laurier du Caucase, qui empêche les espèces autochtones de se développer.
  • ·         Tuer les idées reçues : le bois mort au sol et sur pied n’est pas une preuve de désordre visuel et de mauvaise gestion ! il fait partie de l’habitat offert à diverses espèces ; c’est une des richesses de la forêt. Vous apprenez que le bois mort constitue un substrat privilégié, dans certaines conditions, pour la germination des graines de plusieurs essences telles que l’épicéa commun et le sorbier des oiseleurs.
  • ·         Mesurer l’IBP d’une parcelle est vraiment accessible pour le grand public avec trois séances de formation : plusieurs personnes se sont engagées à faire seules ou à plusieurs, ces mesures sur d’autres parcelles.
A droite entre le chemin et les immeubles : partie de la parcelle 102 après une coupe rase

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Vous verrez que vous serez émerveillé par ce que vous découvrez. Bien sûr vous êtes quelques fois atterrés par une coupe rase et la vacuité du paysage qui en résulte, mais très souvent aussi vous admirez la beauté du paysage forestier. Votre regard sur la forêt ne sera jamais plus le même. C’est une nouvelle expérience et une vraie exploration près de chez soi.

Les résultats quantitatifs de l’IBP  sur trois parcelles d ela forêt de Fausses Reposes

  • ·         Les critères de contexte (H,I,J) montrent (voir figure ci-dessous) ,une note de 46% pour les trois parcelles. La continuité temporelle de l’état boisé est très bonne pour toutes Il n’y  pas de  milieux rocheux à Fausses Reposes. Il se trouve que ces parcelles ont toutes un type de milieu humide : des fossés humides, ce qui leur donne la même note.
  • ·         Les critères de peuplement et de gestion forestière (A,B,C,D,E,F,G) montrent des différences notables selon les parcelles : La plus jeune (n°131) qui a subi une coupe il y a quelques années à une note globale inférieure aux autres (69 %) à cause de l’absence de bois morts. La plus riche est la plus ancienne (n°56) avec beaucoup de gros arbres vivants et morts. atteint la note maximale de 100%.
  • La parcelle n°56 montre l’effet proliférant des lauriers du Caucase qui se propagent à partir des propriétés privées qui longent sa lisière sur 300m