La chenille processionnaire

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Lors d’une sortie de découverte des écosystèmes forestiers organisée par notre association, les enfants ont découvert avec étonnement dans le Parc de la Martinière à Chaville, de volumineux paquets de soie blanchâtre entremêlée de feuilles sur le tronc d’un chêne.

Ce sont des nids où vivent en société une espèce de chenille noire sur le dos, cendrée sur les côtés, jaunâtre sur le ventre. Elle est couverte de petits tubercules rougeâtres portant chacun une houppe de longs poils blancs terminés par un crochet. Ces chenilles sont urticantes, personne ne les a touchées !

De cette chenille provient un papillon blanc nuancé de gris. Le mâle possède des ailes supérieures rayées en travers de quatre bandes étroites, sinueuses et brunes. La femelle est plus grande et n’a qu’une bande, le ventre se termine par une forte brosse de poils gris.

 

Une famille de chenilles provenant des œufs pondus par le même papillon construit en commun le logement de soie, le nid, pour vivre en société au nombre de sept à huit cents individus. Ce nid peut parfois atteindre un mètre de longueur sur deux à trois centimètres de largeur.

Le nid reste accolé au tronc du chêne tantôt près de la terre, tantôt en hauteur, le même chêne peut en porter plusieurs.

 

Les chenilles quittent leur demeure au coucher du soleil pour se répandre dans le branchage et brouter les feuilles. Comme à un signal donné, la plus voisine de l’orifice du nid sort et ouvre la marche du bataillon, à sa suite les autres se disposent une à une ou par rangées de deux ou trois,…dix et davantage. La troupe au complet se met en mouvement, subordonnée au chef de file. Ce sont des soldats bien disciplinés qui parviennent dans la ramée de l’arbre et broutent toute la nuit. Repues elles rentrent au nid.

Les processionnaires changent plusieurs fois de peau dans leur nid qui se remplit d’une fine poussière de poils. Ces poils s’ils s’attachent aux mains causent une inflammation qui peut persister plusieurs jours.

Cette chenille n’est pas bienvenue dans les forêts de chênes, mais elle a ses ennemis. D’abord un gros carabique, le calosome. Celui-ci grimpe au haut des arbres exhalant une forte odeur. Il saisit la chenille par un pli de peau, l’éventre et lui dévore les entrailles. Sa larve s’établit dans le nid des processionnaires et croque les chenilles. Enfin le coucou fait une grande consommation de processionnaires ; il bourre son jabot de ces chenilles velues.